C’est sans doute à l’impératrice Alexandra Feodorovna, la veuve du tsar Nicolas 1er, que l’on doit, pour partie, la Cathédrale Saint-Nicolas de Nice. En effet, soucieuse de bénéficier de la douceur du climat azuréen, cette dernière séjourna quelques temps dans la capitale des Alpes-Maritimes, notamment en 1856. La présence impériale ne manqua pas d’attirer l’élite aristocratique du pays. Et dès la seconde moitié du XIXe siècle, une importante colonie russe s’implanta. Dès lors, celle-ci entendit se doter d’un lieu de culte (sur l’histoire de la cathédrale, v. E. Fricero, La cathédrale orthodoxe russe Saint Nicolas à Nice, Bonechi, 1993).
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À la proue de l’île Saint-Louis, l’hôtel Lambert se dresse fièrement. Splendeur de l’architecture parisienne du XVIIe siècle, l’imposante demeure a récemment fait couler beaucoup d’encre, et le feuilleton judiciaire qui paraissait prêt de s’entamer devant le tribunal administratif de Paris, semble avoir trouvé récemment son terme par un – heureux ? – compromis. C’est Le Vau, le génial architecte de Vaux-le-Vicomte, qui officia à la construction de cet hôtel sur un terrain acquis en 1639 par Jean-Baptiste Lambert, riche seigneur de Sucy-en-Brie et de Thorigny (V. le n° spécial de Connaissance des Arts, suppl. n° 671, « L’hôtel Lambert, chef d’œuvre de l’architecture parisienne du Grand Siècle »).
Lire la suite "Heureux épilogue pour l’affaire de l’hôtel Lambert : les voies de l’amiable" »

2010 commence sous de bons auspices pour l’heureux propriétaire d’un des terrains sis sur la petite commune de Pouilly-sur-Meuse et attenant au fleuve éponyme qui la traverse. Le 11 novembre 2006, en se livrant à des travaux de déblaiement en vue de la construction d’un puits, il fit l’extraordinaire découverte d’un ensemble d’une trentaine de pièces de vaisselle Renaissance, dont la datation s’échelonnerait de 1480 à 1570.
Lire la suite "Le fabuleux Trésor de Pouilly-sur-Meuse" »
C’est un lieu commun de rappeler que Philip Roth est l’un des écrivains majeurs de la littérature contemporaine américaine. Récemment, l’auteur du célèbre Portnoy et son complexe et de La tache avait encore impressionné avec ce prodigieux travail d’uchronie littéraire – cette technique qui consiste, selon Le Larousse, en « une reconstruction fictive de l’histoire, relatant les faits tels qu’ils auraient pu se produire » – auquel il s’était livré dans Le complot contre l’Amérique. Au cours de cette rentrée littéraire 2009, l’écrivain toujours nobélisable vient de récidiver avec la traduction en français de son dernier roman, Exit le fantôme. Un roman où l’on retrouve assurément « cette complicité fraternelle qui lie désormais le romancier à ses créatures blessées » (A. Bleikasten, Eloge de l’impureté : La tâche, La quinzaine littéraire, n° 837, 1er sept. 2002).
Lire la suite "Philip Roth : petit détour sur les risques juridiques de la biographie" »

L’exposition que consacre le Grand Palais à Renoir n’en finit pas d’alimenter la critique. Le propos est pourtant neuf : il s’agit de mettre en lumière la dernière manière du peintre, celle d’après 1892. À cette date, en partie grâce à l’intervention de Mallarmé, l’État venait d’acquérir du maître ses Jeunes filles au piano qu’il destinait au musée du Luxembourg. Durand-Ruel lui consacrait une rétrospective. La notoriété de Renoir était à son comble. Cependant, il se décida à changer de style. S’ouvre alors la période de ces figures plus ouatées, de cette matière « veloutée et moelleuse »(E. Amiot-Saulnier, La dernière période de Renoir, un artiste toujours jeune, L’objet d’art, oct. 2009, p. 4), un temps qui se clôt avec les célèbres Baigneuses, devant lesquelles Matisse s’est extasié.
Lire la suite "Du palais au Grand Palais : les sculptures de Renoir-Guino" »
Les lecteurs du
Monde ont pu redécouvrir cet été un roman de Maupassant dont on ne parle que
trop insuffisamment : Mont-Oriol (dans le cadre de la série « les romans
de la crise » : A. Kahn, L’intérêt financier au-delà des sentiments, Le Monde, 31 juill.
2009). À son propos, si la critique elle-même n’est pas très prolixe, elle
n’en demeure pas moins partagée. De tous les livres de Maupassant, il
s’agirait, pour certains, de celui ayant le plus mal vieilli (A. Lanoux, Maupassant, le Bel-Ami, Fayard,
1967, p. 254). Mais ce constat est certainement trop sévère. D’une trempe
différente de celle de Bel-Ami, Mont-Oriol conserve cependant tout le
cynisme qui fait l’une des marques du talent de l’écrivain normand.
Lire la suite "Mont-Oriol et les sept actionnaires : aux origines de l’article L. 225-1 " »
La perception du graffiti a profondément évolué. Depuis 1971, quand le New York Times consacrait un article à l’un des plus célèbres « graffeurs », Taki 183, le street art a fait son chemin. Il est aujourd’hui dans les salles de ventes et galeries les plus prestigieuses. De la Fashion Moda du South Bronx à Drouot, en passant par le célèbre marchand d’art Sydney Janis qui lui conféra une certaine légitimité, l’histoire du graffiti est assurément celle d’une progressive reconnaissance sociale.
Lire la suite "Graffiti et droit : les liaisons dangereuses" »
Il y a tout juste cent ans, le 6 juillet 1909, Henri Lemoine était condamné par la dixième chambre du tribunal correctionnel de la Seine pour escroquerie. L’affaire n’appellerait pas vraiment de commentaires si Proust ne s’en était emparé la même année et si elle n’avait été revêtue d’une dimension particulièrement rocambolesque. Dimension entretenue par des personnages typiques, qu’on imaginerait volontiers tout droit issus d’un roman de Gaston Leroux.
Lire la suite "Proust et l’affaire de l’alchimiste diamantaire : variations littéraires" »
Des œuvres de Racine, Les Plaideurs figure sûrement parmi les moins connues. Pourquoi le dramaturge a-t-il choisi de situer l’action de sa seule comédie dans le prétoire ? Serait-ce pour les procès parfois incongrus qu’on y juge, ou le personnel de justice dont le vocabulaire amuse l’oreille profane ? Racine n’avoue-t-il pas d’ailleurs, dès son adresse au lecteur, avoir employé « quelques mots barbares […] que ni [lui], ni [ses] Juges, n’ont jamais bien entendu[s] » ? En réalité, Racine n’est pas le premier à choisir de faire rire de la Justice comme le montre La Farce de Maître Pathelin, pièce anonyme du Moyen-Âge.
Lire la suite "Quand l’avocat joue la comédie " »
On se souvient du succès qu’avait rencontré le livre de Bernard Schlink, Le Liseur. Tout d’abord en Allemagne, en 1995, lors de sa parution. Puis, en France, peu après, en 1996, dans la belle traduction du germaniste Bernard Lortholary. Mais également aux USA, où il resta plus de quinze semaines sur la liste des best-sellers du New York Times. Sélectionné par Oprah Winfrey, l’ascension de ce roman « philosophiquement élégant » (R. Bernstein, Once Loving, Once Cruel, What’s Her Secret, The New York Times, 20 août 1997) fut fulgurante. Traduit dans plus de trente langues, le Liseur mit sur le devant la scène son auteur au parcours atypique.
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